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Voici les différents points à traiter :

  • Les cérémonies liées à la fête de l’indépendance, notamment l’hommage rendu au père de la Nation, Léon Mba ;

  • Le discours, long et dense, du Président de la République, qu’il convient de décrypter en termes de développement territorial, de la Transgabonaise (un projet hyper-structurant, concret et immédiat, qui illustre l’importance donnée aux infrastructures utiles), d’emploi, de formation ;

  • Le bilan des réformes un an après leur mise en œuvre ;

  • La lutte contre la corruption ;

  • La mise en œuvre d’un nouveau code pénal et ses implications.

  1. la commémoration du 59ème anniversaire de l’Indépendance de notre pays.

Le coup d’envoi a été donné le 16 août avec le traditionnel hommage rendu par Son Excellence le Président de la République, Monsieur Ali Bongo Ondimba, au premier Président de la République gabonaise, feu le Président Léon Mba. Le chef de l’Etat a tenu à ouvrir les commémorations liées à notre indépendance en fleurissant la tombe de celui qui est le père de la Nation gabonaise. Un acte fort, hautement symbolique, qui doit être lu comme une volonté d’unité. Unité de notre pays par-delà sa diversité, unité de notre Histoire qui est un continuum.

C’est dans ce même esprit que Son Excellence le Président de la République, Monsieur Ali Bongo Ondimba, a souhaité réunir certains membres de la famille de feu le Président Léon Mba à l’occasion de cette cérémonie. Une famille dont il a salué les membres présents un par un à l’issue de la cérémonie, symbole fort d’unité.

2. Le discours du Président.

Au passage, je n’évoquerais pas ici, dans un souci de concision, les autres aspects de ces cérémonies du 17 août, notamment le défilé militaire que le chef de l’Etat a présidé et qui a été l’un des temps forts. Simplement, j’en profite pour vous faire remarquer une chose. J’ai lu dans quelques articles de presse le fait qu’il s’agissait de la première apparition en public du Président depuis dix mois. Depuis le mois de mars, le Président de la République a fait plusieurs apparitions en public : le 23 mars lors de son retour à Libreville, le 11 juillet à l’occasion d’une tournée en voiture de la capitale où il a salué de nombreux passants, idem le 27 juillet et enfin ce 17 août à l’occasion du défilé militaire. Il est important de rappeler que tout journaliste doit s’en tenir aux faits et non pas les tordre pour les faire correspondre à sa grille de lecture idéologique.

Cette parenthèse faite, j’en reviens au discours. Il s’agit du troisième discours du Chef de l’Etat après celui des vœux à la nation le 31 décembre dernier et celui du 8 juin à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de feu le Président Omar Bongo Ondimba (Notez, au passage, qu’en l’espace d’un peu plus de deux mois, le Président a tenu à rendre hommage, sans exclusivité, à ses prédécesseurs, considérant, il est vrai, que l’Histoire du Gabon est une et indivisible, insécable).

Ce troisième discours intervient dans un contexte où le Président est fermement aux commandes.

3. Son agenda très chargé – Au cours des mois de mai et juin, il a reçu à Libreville une quinzaine de chefs d’Etat, ce qui constitue une partie seulement de son activité.

Sur la forme ensuite, ce discours, vous l’aurez remarqué est nettement plus long que le précédent. 9 minutes de plus que celui du 31 décembre, un peu plus de 4 minutes que celui du 8 juin. En effet, celui du 16 août approche les 12 minutes. Par ailleurs, comme chacun a pu le constater, le Président retrouve son aisance oratoire.

 

Premier point fondamental à relever dans le discours du Président : le développement territorial. Le Président a appelé à l’accélération de la décentralisation. Je me contenterais ici de le citer car les mots sont forts :

« l’égalité des chances doit s’appliquer aussi bien aux personnes qu’aux organisations et institutions du pays, quels que soient les lieux et les niveaux . Ces perspectives de développement ne doivent pas se limiter aux grandes villes. Il est de notre responsabilité, pour nous les dirigeants politiques, de nous préoccuper du sort de nos concitoyens de l’intérieur du pays (…) Quels que soient leurs lieux de résidence ou leurs origines, les Gabonais ont droit à des conditions de vie dignes comprenant l’accès à l’eau, au logement, à l’éducation, aux transports, à l’emploi. »

Deuxième point intéressant à noter dans le discours du Président : la Transgabonaise. En réalité, c’est la conséquence concrète de la volonté du Chef de l’Etat de développer de manière équitable et harmonieuse l’ensemble du territoire gabonais. Cela illustre également la priorité donnée par le Président de la République aux infrastructures utiles pour la population et pour l’économie (une telle infrastructure permettra des gains de productivité et une hausse du PIB) mais aussi l’exigence qu’il a d’orienter l’effort en termes de politiques publiques sur l’action et les résultats :

« Nous pouvons ainsi annoncer le démarrage des travaux en septembre prochain de la Transgabonaise. Une nouvelle route économique reliant Libreville et Franceville d’une distance de 780 km. »

Voilà du concret, du tangible et de l’immédiat.

Troisième axe fondamental contenu dans le discours du Président : l’emploi.

Le Président s’est fait très précis sur le sujet en assignant un objectif au Gouvernement :

« Notre objectif est de doubler le taux de création d’emplois dans le secteur privé formel. » Cela signifie que notre économie devrait créer, au bas mot, par an 20 000 emplois dans ce secteur. Pour y parvenir le secteur agricole jouera un grand rôle.

Cet objectif ambitieux mais réaliste nous rappelle l’importance des reformes faites en matière de formation pour réduire l’écart sur le marché du travail entre l’offre d’emplois et les besoins en termes de compétences.

Sur le quatrième axe, pour  le Président :

« Former les jeunes dans des secteurs qui n’offrent pas de débouchés est criminel, (…) ! Nous faisons en sorte d’arrêter tant de gabegies, en favorisant davantage l’enseignement technique et professionnel. »

C’est précisément dans le cadre de cette réforme initiée mi-2018 que la campagne de communication « Révèle ton Etoile, sur la Formation professionnelle » que vous voyez affichée a été menée. L’objectif étant de proposer à nos jeunes des formations adaptées aux besoins des employeurs dans notre pays. En la matière, là aussi, nous allons presser le pas.

Enfin, cinquième axe fondamental du discours : le social. Voici quelques verbatim qui illustrent bien cette priorité, à commencer par l’emploi des jeunes que j’ai déjà évoqué, mais qui et crucial :

« nous élaborons des solutions concrètes, afin de développer l’emploi des jeunes et les compétences dont notre économie a besoin : « Les réformes impulsées en 2018 nous redonnent des marges de manœuvre nécessaires budgétaires pour financer les investissements les plus urgents, notamment en matière de routes, écoles, hôpitaux, centrales électriques, énergétiques et logements. »

Dernière citation :

« Pour rendre plus pérenne, efficace et juste notre modèle, il faut aussi augmenter les retraites de nos ainés, les bourses de nos étudiants ainsi que les prestations d’assurance maladie. Il ne faut pas relâcher les efforts. ».

Ce dernier point est important car, le Président l’a rappelé, il ne s’agit par de réformer pour réformer. Le but des réformes mises en œuvre est de dégager des marges de manœuvre budgétaires pour financer les dépenses sociales qui permettront d’améliorer rapidement et tangiblement la vie des Gabonais.

A cet égard, dans son discours, le Président a tenu à dresser le bilan des réformes mises en œuvre ces derniers temps en rappelant que celles-ci portent leurs fruits dès maintenant. En 2019, le Gabon est passé sous la barre des 100 000 fonctionnaires, conséquence des efforts faits en termes de rationalisation des effectifs de la fonction publique. L’endettement du pays a diminué au minimum de 4 points en 3 ans, passant de 64 % du PIB en 2016 à 60 % en 2019.

Un passage clé du discours du Président :

« Le Programme des Nations unies pour le développement, est meilleur juge que nous-mêmes pour évaluer ce qui a été fait. Sachez que cet organisme classe le Gabon comme second pays d’Afrique subsaharienne continentale sur le plan du développement humain.”

Reconnaissons que nous avons accompli du chemin ces dernières années, avec un rythme accéléré. »

Sur ce chapitre, le Président a indiqué :

« il ne faut pas relâcher l’effort (…). Je ne lèverai pas le pied ces prochains mois, bien au contraire” .

C’est l’une des phrases clés du discours du Président.

Une autre priorité du Président de la République, sur laquelle il a fortement insisté lors de son discours, non pas celui du 16 août mais du 8 juin :

La lutte contre la corruption.

Il ne s’agit pas d’un slogan mais d’une véritable priorité de politique publique. Ici aussi, les paroles comptent moins que les actes.

Pour la première fois, le 13 juin dernier, un ministère de plein portefeuille chargé de la Promotion de la Bonne gouvernance et de la Lutte contre la corruption a été créé et confié à M. Francis Nkea Ndzigue.

La corruption est un frein au développement de notre pays. Elle dissuade les investisseurs, pénalise les entrepreneurs. Ce qui est couteux en termes de croissance et de création d’emplois. D’où la volonté du Président de la République d’avoir une action résolue, fondamentale et non pas cosmétique ou artificielle, en la matière.

 

C’est d’ailleurs dans cette veine, rendre la lutte anti-corruption efficace, qu’il faut lire l’adoption au Gabon d’un nouveau code pénal, entré en vigueur il y a quelques semaines, celui-ci permettra à la Justice de notre pays d’être plus efficace notamment en matière de lutte contre les pratiques de corruption dans le cadre de la passation des marchés publics.

C’est une avancée majeure, saluée par les institutions financières internationales.

Fin juin, deux d’entre elles, le FMI et la Banque mondiale, se sont dites disposées à accompagner notre pays dans la mise en œuvre efficace de ce nouveau code qui permettra notamment de garantir la transparence en matière de passation de marchés publics.

Désormais, le juge sera mieux armé pour garantir le bon usage des deniers publics lors de la passation des marchés publics. Au-delà des aspects macro-économiques, les principaux bénéficiaires de cette entrée en vigueur du nouveau code pénal, ce sont les gabonais eux-mêmes.

En effet, les investisseurs étant mieux sécurisés sur le plan juridique, consentiront à investir davantage dans notre pays, ce qui créera mécaniquement plus d’emplois pour les Gabonais.

FIN.

 

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