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Tout d’abord, Il faut noter que le scrutin s’est déroulé de manière très satisfaisante, autrement dit, tout à fait normalement et sans incidents notables. Il faut donc saluer ici ceux qui l’ont organisé, tant au niveau national que local. Ce n’était pas gagné d’avance car c’était la première fois qu’avaient lieu des élections jumelées. Dans ce propos liminaire, qui sera bref, j’aborderai deux points principaux qui attendent, sans doute de votre part, des explications : le taux de participation tout d’abord, puis les premiers résultats. En d’autres termes, je parlerai des premières tendances.

Le taux de participation, je disais. Celui-ci est relativement faible. Mais c’est tout sauf une surprise. La quasi-totalité des observateurs l’avaient en effet anticipé.  Alors, qu’est-ce qui explique ce taux de participation ? Tout d’abord, notons que traditionnellement, la mobilisation à l’occasion des élections qui suivent la présidentielle est toujours faible. Surtout quand il s’agit de locales. Quant aux législatives, le premier tour mobilise moins que le second car l’enjeu est plus faible. En outre, il faut également prendre en compte le jumelage des deux élections : législatives et locales. C’est inédit au Gabon et cela a pu perturber certains électeurs qui ont dû composer avec une multitude de candidats et des enjeux qui se sont superposés les uns aux autres.

Il y a peut-être aussi une explication plus politique. Pour une grande partie de l’électorat, les jeux étaient faits. Autrement dit, il n’y avait guère de suspense. Objectivement, et ce n’est pas leur faire injure, mais l’opposition a abordé ces élections locales et législatives en rang dispersé, ne parvenant pas à mobiliser en raison de fortes divergences sur la stratégie à suivre et des querelles de leadership entre ses principaux leaders. A contrario, tout le monde était convaincu – électeurs comme observateurs – que le parti présidentiel l’emporterait.

Passons maintenant aux tendances à proprement parlé. Au vu des dernières tendances, il n’est pas exagéré de parler d’une importante vague au profit de la majorité présidentielle. Cela concerne aussi bien les législatives que les locales. Ici aussi, il suffisait de lire les commentaires d’avant-élections pour se rendre compte que ces tendances sont tout sauf une surprise. Alors qu’est-ce qui explique ce phénomène ? Une combinaison de facteurs.

Tout d’abord, j’y reviens, il faut reconnaître que la faiblesse de l’opposition, atomisée et divisée, notamment entre les partisans du boycott (minoritaires) et ceux qui ont participé aux élections (une majorité), n’a, il faut le reconnaître, pas été en mesure d’opposer une résistance importante. Mais là n’est pas l’explication principale. Les raisons principales de ce plébiscite de la majorité sont à rechercher du côté de la majorité elle-même.

Tout d’abord, c’est un parti présidentiel new-look qui s’est présenté à ces scrutins. Avec des instances dirigeantes renouvelées, des candidatures renouvelées (65 % des candidats du parti au pouvoir se présentaient pour la première fois ; ce chiffre atteignant même les 82 % pour le scrutin local) ou encore un logiciel programmatique renouvelé. A cette offre politique, les Gabonais ont manifestement adhéré.

Ensuite, on peut noter que ce qui s’apparente, n’ayons pas peur du mot, à un raz-de-marée au profit de la majorité est aussi le résultat d’une campagne électorale probablement mieux maîtrisée que par le passé. Au fort renouvellement des candidatures déjà évoqué (dont beaucoup de jeunes et de femmes), s’ajoute une campagne de grande proximité (causeries, porte à porte, etc.), qui plus est davantage tournée vers la promotion du programme électoral du parti plutôt que vers l’invective à l’encontre de l’autre camp.

Enfin, et c’est peut-être là l’argument principal, il faut reconnaître que les candidats de la majorité ont profité de la nouvelle politique mise en œuvre par Président de la République (les mesures prioritaires qui traitent du quotidien, les réformes structurelles en matière de finances publiques ou d’éducation, etc.). Les Gabonais y croient et à travers leur vote, ils ont voulu envoyer un signal d’encouragement à poursuivre et approfondir les réformes.

Les électeurs ne croient que ce qu’ils voient. Depuis plusieurs mois, un vent puissant de réformes souffle sur le Gabon. Ils ont ainsi pu mesurer le changement, l’accélération dans la transformation du Gabon qui entraine à la fois des résultats rapides (via les mesures prioritaires du quotidien annoncées par SEM le Président de la République Ali Bongo Ondimba) et des résultats durables (à travers des réformes structurelles). Les électeurs sentent le changement. Ils veulent que nous poursuivions, que nous accélérions et même que nous approfondissions ce mouvement.

Je ne sais pas si les commentateurs le relèveront mais c’est là, la principale leçon à tirer des scrutins de ce samedi 6 octobre : cette victoire est celle d’une ligne politique, d’une ligne transformatrice impulsée par la majorité sous l’autorité du Président de la République. C’est ce signal-là qui nous a été envoyé lors des élections locales et du premier tour des législatives. Clairement, ces élections valident la ligne politique portée depuis plusieurs mois déjà par la majorité présidentielle. 

Voilà pour les explications. Que l’on ne s’y méprenne pas, il ne s’agit pas de faire preuve de triomphalisme. Il reste, pour les élections législatives un second tour. Mais on doit à la vérité de dire que les résultats des scrutins d’hier sont très encourageant pour la majorité présidentielle, et pour l’exécutif qui en est très largement issu.

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