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Je remercie le gouvernement de Grande Bretagne de me permettre d’animer la réunion d’inauguration du Groupe Consultatif de l’Initiative pour la Protection des Eléphants, qui a lieu au cours de cette Conférence sur le Commerce Illégal des Espaces Sauvages. L’EPI a d’abord été lancée lors de la conférence internationale sur le commerce illégal des espèces sauvages de Londres en 2014. Aujourd’hui,quatre ans plus tard, nous sommes réunis ici pour une cause commune.

Il y a quatre ans, ici à la Conférence sur le Commerce Illégal des Espaces Sauvages, beaucoup de ceux qui sont dans cette salle y ont participé, quatre de mes frères Africains et moi nous sommes posé une question fondamentale:

« Sommes–nous prêts à accepter de parlementer sans entrer en action, ou nous unissions-nous pour prendre l’initiatived’agir? »

Nous avons constaté qu’en dépit des belles paroles et l’adoptionunanime du Plan d’Action pour l’Éléphant d’Afrique par les États del’aire de répartition de l’éléphant d’Afrique à la CITES en 2010, en 2014, presque rien n’a été fait pour mettre le plan en œuvre. Peu de ressources ont été allouées au fonds mis en place pour la mise en œuvre du plan. On constate malheureusement que, personne ne s’est approprié le plan, personne n’assurait le suivi des avancées. Et plus encore, les éléphants ont continué à être décimés de façon drastique.

Nous avons décidé de lancer l’Initiative pour la Protection desÉléphants. Nous avions deux objectifs : éradiquer le trafic d’ivoire que nous tenons pour responsable des niveaux insoutenables d’abattage d’éléphants ; et mettre en œuvre le Plan d’Action pour la Protection de l’Eléphant d’Afrique.

Il faut Agir plutôt que parler.

Les cinq nations fondatrices ont depuis lors été rejointes par quatorze autres États de l’aire de répartition de l’éléphant, et cinq autres États souhaitent nous rejoindre au moment où nous parlons. Regardez autour de vous. L’EPI constitue désormais une force indiscutable. Nous faisons des progrès et nous sommes décidés à continuer. Des populations d’éléphants font face à une crise. L’EPI ne recherchepas une solution à court terme ; des mesures sporadiques pour l’avenir; le financement d’un nombre limité de projets. L’EPI et son Groupe Consultatif inaugural sont là pour trouver une solution qui s’étendra sur des générations.

Des quatre objectifs de l’EPI, trois sont en voie d’être atteints:

– le commerce international de l’ivoire est au point mort, bien quecertains pays persistent à s’opposer à son interdiction totale;

– Les marchés intérieurs sont en cours de fermeture dans les Étatsmembres de l’EPI et au-delà;

– les États membres de l’EPI ont mis leurs stocks d’ivoire à l’abri detout usage commercial. Certains ont opté pour la voie de la destruction,d’autres pour celle de la sécurisation ; mais nous nous sommes tous engagés à ne pas utiliser nos stocks et avons éliminé toute possibilité defuite dans la chaîne d’approvisionnement illégale.

L’EPI est sans équivoque et ouvertement un mouvement contre le commerce de l’ivoire. Pourtant, je sais que cette position est problématique pour une poignée de mes frères, dont le modèle deconservation est basé sur l’utilisation. Pour le moment, acceptons cette différence. Ne laissons pas nos divergences devenir incompatibles. Le quatrième objectif consiste à mettre en œuvre le Plan d’action pour l’Éléphant d’Afrique. Je demande aux États de l’aire de répartition de l’éléphant d’Afrique, qu’ils partagent tous les objectifs de l’EPI ou non, de collaborer, aux fins de mettre en œuvre le Plan d’action de notre organisation. Il faut plusieurs partis pour parler de démocratie, et il faut divers intérêts et collaborateurs pour faire exister une initiative aussi ambitieuse quel’EPI.

Ayant eu recours à votre indulgence pour nous féliciter pour certaines réalisations remarquables, j’aimerais maintenant attirer votre attention sur notre échec collectif : notre incapacité à mettre en place le financement international nécessaire pour une action significative à long terme. En tant qu’EPI, nous avons convenus de mettre en œuvre le Plan d’action pour l’Éléphant d’Afrique en élaborant des Plans d’Action Nationaux pour les Éléphants, qui s’alignent sur le plan général du continent. Les plans d’action nationaux pour les éléphants « NEAP », ont été complètement élaborés dans sept États membres de l’EPI. Un quatrième est en cours d’élaboration et des mesures sont en place, pour permettre d’ici à la fin 2019, l’élaboration d’un NEAP dans les États membres qui n’en disposent pas encore.

C’est ce qui a été demandé à l’Afrique, lors de la première Conférence sur le Commerce Illégal des Espaces Sauvages. Lors de cette conférence,la communauté internationale a lancé un défi à l’Afrique :

« Dites-nous ce dont les dirigeants africains ont besoin pour protéger lapopulation d’éléphants en baisse. Quel est votre plan pour lutter contre le braconnage? Comment susciterez-vous chez lespopulations rurales l’intérêt de protéger leur biodiversité? Comment rendrez-vous la protection de vos éléphants primordialedans la mise en œuvre des Objectifs de développement durable? »

Je suis ici pour vous dire que nos Plans d’Action Nationaux pour les Éléphants apportent la réponse à ces questions. Ils s’alignent sur le Plan d’Action pour l’Éléphant d’Afrique et sont complétés par des plans de mise en œuvre chiffrés, afin de poser les bases de la protection des éléphants et de toutes les espèces qui cohabitent au sein du territoire de l’éléphant. Ne laissez personne mettre en doute la détermination de l’EPI à atteindre ses objectifs. Les États membres de l’EPI ont donné de leur sang et leur richesse pour la protection de nos éléphants. Des Africains meurent au front pour protéger les éléphants contre les braconniers. Les communautés en Afrique perdent leurs récoltes et sont tuées par ces magnifiques mais dangereuses bêtes. Des villageois affamés font les frais de l’appétit des éléphants alors que des pays qui ont éradiqué les menaces animales locales contre leurs populations, réclament des mesures de conservation.

Malgré les défis, les États membres de l’EPI sont déterminés à mettre fin au massacre des éléphants et à affronter de plus grandes menaces contre notre biodiversité. Pourtant, nous menons ce combat pour le compte de l’humanité. Le reste du monde est-il disposé à nous aider? Si la communauté internationale n’est pas capable ou disposée à identifier les financements nécessaires à la mise en œuvre de ces plans, en dépit de nos contributions budgétaires nationales, qui s’élèvent à des dizaines de millions de dollars, alors les NEAP ne seront que des feuilles de papier. J’ai l’espoir que ce Groupe Consultatif international, constitue une plateforme permanente pour l’engagement, la collaboration, le partage des recherches sur les bonnes ainsi que les mauvaises pratiques, et pour l’octroi de moyens pour favoriser la préservation plutôt que l’extinction.

Grace au financement des économies durables d’espèces sauvages, et un tourisme qui devrait connaître une expansion au cours de la prochaine décennie, nous pouvons protéger la plus emblématique des espèces et son habitat naturel, pour elles, pour nous et pour les générations d’enfants à naître. En 2014, le monde était particulièrement engagé dans la réalisation des Objectifs du Millénaire, pour le développement axé sur l’être humain. Mais depuis lors, nous avons réalisé que les êtres humains font partie d’un système écologique plus grand, dont l’épuisement aura de profondes répercussions sur le succès de l’espèce humaine également.

En appui à l’ODD n° 15, qui est en faveur de la vie terrestre, nous avons réuni cette assemblée de dirigeants mondiaux afin de joindre le geste à la parole. Nous ne pouvons nous permettre d’allouer des fonds insuffisants à compte-gouttes, pour une mission aussi cruciale. Nous sommes ici pour mettre en place un nouveau cadre de financement du développement en faveur de la conservation, et enfin faire pencher la balance en faveur de l’action. J’ai le plaisir de vous annoncer la création d’une entité juridique EPI, désormais capable de porter l’initiative à un niveau plus important. L’EPI est désormais plus qu’une idée, c’est une aspiration.

Cette nouvelle entité sera présidée par l’ancien président du Botswana, S.E. Ian Khama. Avoir un des pères fondateurs de l’EPI personnellement prêt à poursuivre le combat, et bénéficier du soutien continu du pays qui s’enorgueillit d’avoir la plus grande population d’éléphants sur la planète est particulièrement important. Maintenant que l’EPI est établie comme un mécanisme juridique, elle pourra solliciter un financement pour la mise en œuvre des NEAP à part entière. J’ai également le plaisir d’annoncer un partenariat officiel de l’EPI avec le Programme des Nations Unies pour le Développement ; et une fenêtre prévue dans le fonds The Lion’s Share. L’année prochaine, le Gabon organisera pendant deux jours, la seconde réunion internationale du Groupe Consultatif, avec nous l’espéronsplusieurs de vos organisations comme membres officiels.

En attendant, au nom des membres de l’EPI, je vous appelle à arrêter de parler et à nous rejoindre dans l’action.

Je vous remercie.

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