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Le 6 novembre 2009, souvenez-vous, le Gabon annonçait la mesure à effet immédiat d’interdiction de l’exportation des grumes.Cette décision s’inscrivait dans le cadre d’une politique ambitieuse de diversification dans ce secteur à fort potentiel. Elle visait à accélérer la transformation de notre industrie forestière par la création de valeur ajoutée.

Aujourd’hui, moins de dix ans plus tard, nous constatons que c’est un changement en profondeur qui s’est opéré dans la filière bois. Deux chiffres illustrent bien ce propos : 738.377 m3de produit en 2017 – je rappelle d’ailleurs qu’en 2010 nous n’en étions qu’à 280.000 m3– et plus de 10.000 emplois créés depuis 2009. Autant le dire, c’est une prouesse.

Nous avons réussi ce pari car nous sommes restés fidèles à cette vision forte d’une industrie de transformation performante, motrice de croissance, exportatrice, et donc ouverte sur les marchés internationaux. Une industrie fleuron du savoir-faire gabonais, du « Made in Gabon ». C’est d’ailleurs l’occasion de remercier les opérateurs qui ont cru et continuent de croire à notre ambition. Ceux qui ont fait le choix de s’adapter à cette nouvelle donne du secteur, ainsi que les investisseurs venus nombreux par la suite.

Dans une économie mondialisée et de plus en plus compétitive, nous devons trouver notre place. Nous sommes même contraints de nous distinguer. Je le répète, notre objectif est d’être parmi les premiers. Nous voulons jouer dans la cour des grands et pour ce faire, nous devons nous donner les moyens d’y arriver. Certes, l’accroissement du volume de bois transformé au fil des années est une bonne chose. Mais il nous faut aller plus loin et nous adapter à la demande des marchés internationaux. Ces derniers sont particulièrement regardants sur un aspect plus qu’essentiel, je dirais même primordial. Il s’agit de la qualité. Et en matière de qualité, il est un label aujourd’hui incontournable qui garantira l’accès de notre production aux marchés de référence, c’est celui du Forest Stewardship Council, plus communément appelé « label FSC ».

L’enjeu est de taille !

Figurez-vous que la valeur des exportations du bois gabonais n’est que de 120 million de dollars US$ par an, alors que la valeur des importations de bois des cinq principaux marchés mondiaux- Etats-Unis, Chine, Japon, Allemagne et Royaume Uni-   est de 70 milliards US$.Le constat est simple : nous nous contentons d’une part qui ne correspond pas à notre potentiel.Avec 15,9 millions d’hectaresde forêt engagés dans le processus d’aménagement, notre pays doit pouvoir prétendre à une part de marché plus importante si nous continuons nos efforts.

Il faut être réaliste et pragmatique pour s’inscrire dans une logique compétitive. Sans quoi nos efforts essentiellement portés sur les volumes de production seront caduques.La certification FSC, dans laquelle s’est lancée Rougier Gabon, qui constitue la norme la plus exigeante dans le secteur offre de nombreux avantages.Le label FSC contribuera à améliorer l’attractivité du secteur boisauprès de potentiels investisseurs soumis à des exigences de redevabilité sur la soutenabilité de leurs investissements.En effet, cette certification qui aura pour effet destimuler la production locale, et de facto la création d’emplois,répondra à la demande croissante des produits de qualité sur ces marchés.Enfin, cette distinction procurée le FSC aura la particularité de renforcer notre politique en matière de développement durable qui fait du Gabon une référence dans la sous-région et en Afrique.

Pour ces raisons, j’ai donc décidé de fixer 2022 comme année butoir pour certifier « FSC » toutes les concessions forestières.

Aujourd’hui, Rougier Gabon fait la fierté de notre industrie forestière en donnant l’exemple. Si elle s’est engagée dans le processus de certification FSC, d’autres opérateurs peuvent emboîter le pas.

L’impérieuse nécessité d’améliorer la qualité de notre production dans la filière engage l’Etat à prendre les dispositions nécessaires pour accompagner les exploitants vers la certification FSC. C’est pour cela que j’instruis le gouvernement de proposer, dans les deux prochains mois, un plan d’action à cette fin.

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