Lire attentivement

Monsieur le Président de la République Française,

Messieurs les Chefs d’État et de Gouvernement,

Mesdames, Messieurs,

J’irai droit au but.

Réduire les fractures mondiales est à mon sens non seulement, une priorité, mais également une urgence.

Une priorité parce qu’il n’y a pas de paix durable sans un certain niveau d’égalité, tant entre les femmes et les hommes, qu’entre les Nations.

Une urgence aussi parce que, ces dernières décennies, les inégalités, entre les Nations et au sein des Nations elles-mêmes, n’ont cessé de se creuser, voire d’augmenter.

Quel déficit combler prioritairement ? J’en vois deux en particulier.

Un, les inégalités entre les hommes et les femmes parce qu’elles concernent la moitié de l’Humanité.

Deux, les inégalités entre les Nations du Nord et les Nations du Sud parce qu’elles concernent plus de la moitié de l’Humanité.

Comment combler ces inégalités ? Je répondrais, non pas en donnant des idées, mais en exposant ce que nous faisons au Gabon.

Pour réduire les inégalités entre les femmes et les hommes, il est à mon sens, nécessaire et certainement primordial, d’adapter notre droit, c’est-à-dire notre corpus juridique aux évolutions de nos sociétés dans le respect de nos traditions respectives.

Il nous faut également avoir une politique volontariste visant à promouvoir les femmes aux postes de décision et agir dès le plus jeune âge au niveau de l’éducation. C’est ce que j’ai fait au Gabon en décrétant en 2015 la « Décennie de la femme », aujourd’hui renforcée par le programme « Gabon Égalité ».

Pour réduire les inégalités entre les Nations, garantir un meilleur partage de la valeur ajoutée produite, est nécessaire. Comment ? En faisant en sorte que les matières premières extraites dans les pays du Sud soient davantage transformées dans le Sud.

Depuis 2010 mon pays n’exporte plus de grumes à l’état brut sans qu’elles n’aient subies une première transformation. C’est ainsi que par ce changement de paradigme, des dizaines d’usines et des milliers d’emplois ont pu être créées. En outre, le bois est exploité de manière durable afin de permettre à la forêt de se régénérer.

Pour conclure, je voudrais évoquer une inégalité qui pourrait malheureusement s’aggraver au cours des prochaines années si nous n’en prenons pas la mesure : l’inégalité due aux changements climatiques.

Aujourd’hui, l’Afrique est l’un des continents les plus touchés, or il est celui qui émet le moins de CO2.

Aussi, des solutions radicales doivent, à mon sens, être au plus tôt adoptées. Il est inconcevable que l’Afrique, continent qui pollue peu, soit l’une des principales victimes du réchauffement de notre planète. Des compensations financières sont donc nécessaires pour soutenir les pays africains à s’adapter à la nouvelle donne climatique et bâtir un modèle de développement à la fois inclusif et durable. Un modèle qui permet à la fois de lutter contre les inégalités sociales et environnementales.

Il en va de l’intérêt de l’Afrique et des Africains, comme de l’ensemble de notre Planète.

Je vous remercie.

 

Partager