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Au Gabon, la marche vers l’industrialisation de la filière forêts-bois commence véritablement en 2009 avec la décision ambitieuse du Président Ali Bongo Ondimba d’interdire l’exportation des grumes. En Afrique, notre pays a été l’un des précurseurs à se lancer dans cette périlleuse aventure.

Entrée en vigueur l’année suivante, précisément en avril 2010, on peut dire que cette mesure a favorisé l’installation d’une industrie locale du bois, permettant ainsi au Gabon d’exporter des produits transformés et pas simplement de la matière première. Cette décision a permis d’accroître la valeur ajoutée du secteur bois participant ainsi à l’augmentation des ressources financières de l’État et à la création d’emplois.

La stratégie de diversification de notre économie promue par le Président Ali Bongo Ondimba depuis son accession à la magistrature suprême donne peu à peu ses fruits.

Une transition douloureuse mais bénéfique pour notre économie

La filière forêt-bois a inexorablement subi un changement en profondeur depuis l’interdiction d’exportation de grumes. La majorité des entreprises qui en exportait ont pour certaines mis la clé sous la porte ou, pour d’autres été revendues à des opérateurs plus importants. La plupart a cependant fait le choix de se reconvertir dans la transformation de cette matière première qu’est le bois. En 2009, le pays comptait 82 usines de transformation du bois. En 2018, on en dénombre 155, soit près du double neuf ans plus tard. Ce choix, qui n’était pas sans risque, s’inscrivait dans le cadre d’une stratégie claire prenant en compte le potentiel important de ce secteur porteur de croissance.

  Un secteur pourvoyeur d’emplois

Le développement de la filière bois a déjà permis la création de nombreux emplois durables et qualifiés pour les Gabonais. 10 000 en moins d’une décennie grâce à l’installation dans notre pays de nouvelles unités de transformation du bois, notamment dans la Zone économique à régime privilégié de Nkok.

La filière bois constitue, après la Fonction publique, le deuxième pourvoyeur d’emplois au Gabon, particulièrement chez les jeunes. Par ailleurs, de nombreuses formations liées aux métiers du bois leur sont offerts. Dans le même ordre d’idée, un incubateur dédié a également vu le jour en 2017 dans la ZERP de Nkok ; le but étant de spécialiser les jeunes dans des métiers d’avenir.

Un secteur en plein essor

Depuis 2009, la filière bois n’a eu de cesse d’évoluer. De 2010 à 2017, le volume de bois transformé par les opérateurs de ce secteur est passé de 280 000 m3 à 738 377 m3 et 621 962 m3 de produits transformés ont été exportés vers les marchés internationaux (Asie, Europe et Moyen-Orient) en 2017.

La Zone économique à régime privilégié de Nkok, qui a vu le jour en 2011, a largement contribué au développement du secteur bois. Elle compte aujourd’hui près de 78 entreprises dont plus de la moitié opère dans le secteur bois. Ces dernières consomment en moyenne mensuellement à elles seules 720 000 m3 de flux bois en grumes et en transforment 400 000 m3.

Le dynamisme de toutes ces entreprises a permis au Gabon de devenir le premier producteur africain de placage et deuxième producteur mondial. L’objectif étant, comme l’a indiqué le chef de l’État en avril dernier, d’être le premier producteur mondial d’ici 3 ans.

Le Gabon : vitrine du dynamisme de la filière

Le Gabon a organisé en juin dernier son premier Salon international du bois de l’Afrique centrale et de l’ouest. 75 exposants venant d’une trentaine de pays y ont participé afin de démontrer le potentiel et le dynamisme de la filière bois dans la sous-région en général et au Gabon en particulier. Fort de ce succès, la deuxième édition aura lieu du 24 au 26 juin 2019 dans la capitale gabonaise.

Autre preuve de la vitalité du secteur, l’ouverture en juin dernier du Centre d’exposition de mobilier en bois situé en plein cœur de la Zone économique à régime privilégié de Nkok.

2 000 m2 d’espace réservé, comptant 32 stands d’exposition, aux industriels du cluster bois de Nkok servant ainsi de vitrine pour promouvoir le savoir-faire gabonais et d’espace d’achats locaux et internationaux en meubles « made in Gabon ».

Une exploitation raisonnée du bois

Afin d’améliorer l’attractivité de la filière bois auprès des investisseurs, le chef de l’État a fixé 2022 comme date butoir pour certifier l’ensemble des concessions forestières du pays. Norme la plus exigeante du secteur, cette certification encourage une exploitation durable de nos forêts tropicales.

A ce jour, onze (11) entreprises sur notre sol sont détentrices d’un label de certification. L’extension à toutes les concessions forestières stimulera une production plus écoresponsable au niveau local, améliorera la qualité de notre production et créera par conséquent des emplois.

Cette certification permettra également, grâce à des critères d’obtention rigoureux, d’améliorer les conditions de vie des populations locales tout en renforçant le leadership de notre pays en matière de développement durable.

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